Un physique de dandy à la coupe de cheveux démodée, un pseudo qui n’est pas emprunté au moindre de nos romanciers, une plume trempée à l’acide mais aussi imbibée d’une vraie tendresse pour ses contemporains : drôle de bonhomme que le Gaspard qui énonce des horreurs à flux précipité sans que personne n’y trouve à redire, chacun sentant bien dans cet humour sans concession un petit quelque chose du génial Pierre Desproges. Celui qui voulait bien rire de tout, mais pas avec n’importe qui, aurait-il trouvé son fils spirituel ? Les pauvres, les bourgeois, les Parisiens, les communistes, les seniors, la politique, la religion, rien ni personne n’échappe à l’œil de Gaspard Proust, lequel, sans jamais tomber dans la bêtise et la vulgarité, sait exercer une méchanceté de bon aloi, finement dorée à la sauce littéraire et arrosée d’un zeste d’humanité.